Avalanche - orientation E Avalanche Alaska, Denali

02 mai 2018
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Avalanche Alaska, Denali - Photo 1
1 photo © Loubet Remi
[Lapin vivant, lapin content!]
Voici un petit récit qui m'occupe et qui permettra peut-être aux lapins des Alpes de comprendre les faits et circonstances de ce beau petit pépin.
Avec François et Nacho nous remontions un joli couloir dans un vallon glaciaire de Ruth Glacier dans le massif du Denali (Alaska). Le soleil nous accompagnait sur la partie basse lors du passages des rimayes, mais le haut était bien pris dans le brouillard.
À la sortie du passage le plus raide, peut être 50m sous ce que l'on supposait être le top du couloir, un gros woumf (effondrement d'une couche fragile dans le manteau) nous surprend. C'est très mauvais signe, dans ce cas là, on ne se pose pas de question, on redescend. Malheureusement nous étions sur une dalle rocheuse inclinée recouverte de 30cm de neige, endroit assez inadéquat pour chausser les skis, et surtout un endroit peu abrité des écoulements. Nous tentons donc de remonter encore 3m pour pouvoir nous décaler en rive gauche, j'attaque donc la manœuvre sous la surveillance des 2 compères. Je préviens Nacho juste après avoir passé la fissure du woumf, et là, patatra nouveau gros woumf... je regarde en bas savoir si quelque chose est parti sous mes pieds, mais apparemment le problème venait dans haut, c'est tout le sommet du couloir qui a cassé sur 40cm. Quoi qu'il en soit, avec la neige a mi-cuisses je n'aurai pas pu me décaler rapidement.
À partir de ce moment-là, la phase essorage de la machine à laver se met en route. Je réalise tout de suite que le passage raide m'a fait prendre énormément de vitesse, l'arrêt est impossible. Je me demande donc quelle solution m'attend:
- chute dans la rimaye
- ensevelissement dans le cône de déjection
- ou projection dans une crevasse du glacier, encore plus bas.
De longues secondes s'écoulent, je sais que la descente va se faire sur 600m, je tente de me mettre en boule, de cracher la neige, j'appréhende le moment ou tout va s'arrêter et la neige me comprimer.
Après quelques secondes de confusion, je réalise que je suis en surface sur le cône, j'expulse de la neige de ma bouche pleine se sang. Je cherche à siffler mais je ne parviens pas à ôter mes gants, impossible de bouger le bras droit. Alors je crie pour interpeller François ou Nacho, le brouillard ne me permet pas de voir le couloir. Pas de réponse... J'imagine le pire, ils sont enterrés, j'ouvre la veste et active le DVA en mode recherche, du sang s'écoule de partout. Pas de signal, je suis complètement désappointé, dans mon état je suis bien incapable de creuser de toute façons. C'est Nacho qui a le téléphone satellite, quelle solution reste t-il? Continuer la recherche DVA? Marcher/patauger jusqu'à trouver secours auprès des américains au camp?
Mon DVA capte un signal puis le perd, je lève les yeux... mais oui c'est Nacho qui émerge à skis du brouillard, suivi de François. Ils crient et me demande de bouger. Quel bonheur. Voilà des skieurs qui maîtrisent la notion d'abri!
Nacho tente de joindre les rescue, François m'enfile une doudoune et m'encorde pour descendre à skis au camp. Je mets le cerveau en mode off et descends en tentant de sentir les rayons du soleil qui apparaissent au passage de la zone crevassée.
Arrivé au camp, je me laisse un peu aller, j'ai froid mais je suis content. François et Nacho me réchauffent avec les duvets et les couvertures de survie. J'espère que l'hélico va passer au travers de la brume qui monte, je sais que le mauvais temps est annoncé, peut être pour une semaine... Je ne me vois pas dans l'igloo ou la tente pendant tout ce temps.
Finalement le B3 des rangers se pose à 100m de la tente, ici ça ne rigole pas: Même blessé, il faut réussir à monter, s'assoir, mettre la ceinture et le casque pour 45' de vol.
Je m'en tire avec un bras cassé, des multiples contusions au jambes, 12 points de suture sur le menton, et 2 os cassés dans la mâchoire qui me valent un petit rapatriement sans passeport. Les deux compères sont toujours là haut.
Merci à l'assurance extension monde de la ffcam, au consulat de Boston, celui de San Francisco, mais surtout à François et Nacho pour le secours, et la franche rigolade sous la tempête.
Observateur : Loubet Remi

Caractéristiques de l'avalanche

Rupture : épaisseur 40 cm, max ? cm, longueur ? m. 3200 m. 2420 m.
Origine principale
Alpiniste

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Conditions à cette période

Indice de danger du bulletin

Image indice de danger Inconnu