Avalanche Beaufortain, secteur Col du Bonhomme, Sous les Aiguilles de la Pennaz - A proximité des chalets de Jovet - 12/02/2017

Après avoir passé la nuit de samedi au refuge de la croix du bonhomme , nous décidons, malgré une nuit de foehn et un vent toujours tenace au petit matin, de rentrer à la voiture, garée à Notre Dame de la Gorge, par l'itinéraire classique du col du Bonhomme. Conscients des risques de plaque nous progressons prudemment en respectant les distances de sécurité, équipés comme il se doit. Au moment de la petite remontée pour rejoindre le pylône électrique sous l'aiguille de Pennaz, mon amie Tiphaine part légèrement devant. J'attaque à mon tour remontée (altitude 1900m) et c'est à ce moment, que, sans rien voir ni entendre, je suis fauché par l'arrière gauche par une petite coulée venant sans doute des pentes de l'aiguille de Penaz. Malgré mes cris Tiphaine n'entend rien, avec le vent fort de ce jour. En moins de 3 secondes, je suis immobilisé dans le creux formé par le ruisseau, totalement enseveli (entre 50cm et 1m de neige lourde en bloc), en position horizontale, sans vraie poche d'air et incapable de bouger, ou de respirer normalement (le thorax étant légèrement compressé, et le visage dans la neige). Les trois premières minutes sont horribles, sensation d'étouffement, j'essaie de bouger, je respire fort et mon rythme cardiaque s'emballe. Je comprends malheureusement rapidement que mon seul salut viendra de l'extérieur et, je me dis que le dépôt n'est pas large, et la visibilité correcte. A partir de ce moment je passe en mode "méditation" et parviens à me calmer en pensant à autre chose. Ma respiration et mon cœur se calment. Heureusement que j'étais bien habillé, et que j'avais pas froid du tout. Après une attente semi consciente ou j'essaie de maitriser ma consommation d'oxygène, et de rejeter le co2 vers le bas, j'entends des pas puis une pelle et entre en contact avec Tiphaine en l'appelant. Je la guide pour qu'elle me dégage les voies respiratoires, le reste du corps prenant encore dix bonnes minutes. Merci à elle et tout l'énergie qu'elle à déployé, et à ses excellentes réactions. Merci aussi aux 10 cm de mon ski qui dépassaient. Merci à mes fixes plum qui n'ont pas sauté et ont permis de ma localiser :=) Je m'en sors indemne physiquement, un peu sonné malgré tout. Je suis quand même passé très près de la mort... Au final je suis resté 15 min la tête dans la neige... et 25 minutes le corps entier. <br> Aujourd'hui, avec le recul, et au delà des erreurs commises (départ du refuge après une nuit de foehn, malgré ce passage réputé craignos), ce qui m'a le plus surpris dans l'histoire est la rapidité avec laquelle j'ai été enseveli. Même un sac ABS ou un avalung n'auraient pu être déclenchées dans les temps... Enfin, je ne sortirai plus jamais seul à l'avenir, vu la force d'immobilisation d'une coulée, même mineure... <br> Une photo du dépôt avec un reste de bâton, et la pelle. Comme vous le voyez cela n'est pas impressionnant mais ca a suffi...

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